Est-il possible d'installer des panneaux solaires en copropriété ?
Oui, et c'est de plus en plus courant. En 2026, de nombreuses copropriétés françaises franchissent le pas du solaire, portées par la hausse des prix de l'électricité et par des aides publiques significatives. L'installation peut se faire de deux façons principales : sur les parties communes (toiture partagée) pour une autoconsommation collective, ou à titre individuel pour chaque copropriétaire sur sa partie privative.
Dans les deux cas, des règles précises s'appliquent — notamment en matière de vote en assemblée générale et d'urbanisme.
Les trois schémas d'installation possibles
Autoconsommation collective
Installation sur la toiture commune. L'électricité produite est partagée entre tous les copropriétaires selon une clé de répartition définie.
Le plus avantageuxInstallation individuelle
Chaque copropriétaire installe ses propres panneaux sur sa terrasse ou balcon privatif. Nécessite l'accord de l'AG si des parties communes sont impactées.
Plus simpleVente totale du surplus
La copropriété produit pour vendre l'électricité à EDF OA. Contrat sur 20 ans au tarif réglementé. Adapté aux grandes toitures peu consommées.
Revenus garantisLe vote en assemblée générale : quelles règles ?
L'installation de panneaux solaires sur les parties communes est soumise à un vote en assemblée générale des copropriétaires. Les règles de majorité dépendent de la nature des travaux.
| Type de projet | Article de loi | Majorité requise |
|---|---|---|
| Installation solaire sur parties communes (autoconsommation) | Art. 25 loi 1965 | Majorité absolue — 50%+1 de tous les tantièmes |
| Rénovation énergétique globale incluant le solaire | Art. 26 loi 1965 | Double majorité — 2/3 des tantièmes |
| Installation individuelle sur partie privative sans impact partie commune | — | Pas de vote nécessaire — décision individuelle |
| Installation individuelle avec fixation sur partie commune | Art. 25 ou 26 | Autorisation AG requise |
💡 Astuce : si le vote à la majorité absolue échoue mais obtient au moins 1/3 des tantièmes, une deuxième assemblée peut être convoquée dans les 3 mois. À cette deuxième AG, la majorité simple (présents et représentés) suffit.
La déclaration préalable en mairie
En dehors du vote en AG, une déclaration préalable de travaux en mairie est généralement obligatoire pour l'installation de panneaux solaires en toiture, y compris en copropriété. Des exceptions existent pour certaines installations hors zone protégée. Renseignez-vous auprès de votre mairie avant de déposer votre dossier.
L'autoconsommation collective : comment ça marche ?
L'autoconsommation collective (ACC) est le schéma le plus adapté aux copropriétés. Elle permet de produire de l'électricité sur la toiture commune et de la distribuer à tous les copropriétaires participants, au prorata d'une clé de répartition définie en AG.
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Étude de faisabilité Évaluation du potentiel solaire de la toiture (orientation, surface, ombrage), estimation de la production et de la consommation de la copropriété.
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Vote en assemblée générale Présentation du projet, définition de la clé de répartition entre copropriétaires participants, vote à la majorité absolue (art. 25).
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Déclaration et raccordement Enedis Constitution d'une opération d'autoconsommation collective auprès d'Enedis. Désignation d'un "organisateur" (syndic ou personne morale).
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Installation par un artisan RGE Pose des panneaux, onduleurs et câblage. La TVA à 5,5% s'applique. L'installation doit être conforme aux normes électriques.
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Mise en service et répartition Chaque copropriétaire participant voit sa consommation réseau réduite selon la clé de répartition. Le surplus peut être revendu à EDF OA.
⚠️ Point de vigilance : tous les copropriétaires n'ont pas l'obligation de participer à l'autoconsommation collective. Ceux qui ne participent pas ne bénéficient pas de la production mais ne peuvent pas s'opposer au projet si l'AG l'a validé.
Quelles aides pour les panneaux solaires en copropriété ?
Les copropriétés peuvent mobiliser plusieurs dispositifs d'aide en 2026, à la fois au niveau collectif et individuel.
MaPrimeRénov' Copropriété
La MaPrimeRénov' Copropriété est une aide collective versée à la copropriété (pas aux copropriétaires individuellement). Elle finance les travaux de rénovation énergétique des parties communes, y compris l'installation de panneaux solaires lorsqu'ils s'inscrivent dans un projet global permettant un gain énergétique d'au moins 35%.
- Taux de subvention : jusqu'à 45% du coût des travaux (+ bonus de 10% si gain ≥ 50%)
- Plafond de travaux subventionnables : 25 000 € par logement
- Obligation d'un accompagnateur Rénov' agréé (AMO)
- Dossier déposé par le syndicat de copropriété via l'ANAH
Prime à l'autoconsommation
Pour les installations raccordées au réseau en autoconsommation avec vente du surplus, une prime à l'autoconsommation est versée par EDF OA. En T1 2026 :
- 80 € / kWc pour les installations ≤ 9 kWc (versée sur 5 ans)
- 140 € / kWc pour les installations entre 9 et 36 kWc
Pour une copropriété de 30 logements avec une installation de 30 kWc, cela représente une prime de 4 200 €.
Tarif de rachat du surplus
L'électricité non autoconsommée est revendue à EDF OA au tarif garanti de 0,04 €/kWh sur 20 ans. Ce revenu complémentaire améliore le retour sur investissement du projet.
TVA à 5,5% et CEE
La TVA réduite à 5,5% s'applique aux travaux d'installation de panneaux solaires. Des primes CEE peuvent également être mobilisées, selon les caractéristiques de l'installation et la zone géographique.
Combien coûte un projet solaire en copropriété ?
Le coût dépend fortement de la surface de toiture disponible et de la puissance installée. À titre indicatif :
- Petite copropriété (10 logements, 10 kWc) : 12 000 à 18 000 € TTC, soit 1 200 à 1 800 € par logement avant aides
- Copropriété moyenne (30 logements, 30 kWc) : 30 000 à 45 000 € TTC, soit 1 000 à 1 500 € par logement avant aides
- Grande copropriété (80 logements, 80 kWc) : 70 000 à 110 000 € TTC, soit 875 à 1 375 € par logement avant aides
Avec MaPrimeRénov' Copropriété (jusqu'à 45%) et la prime à l'autoconsommation, le reste à charge par logement peut descendre en dessous de 600 à 900 €, avec un retour sur investissement de 7 à 12 ans.

